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Janvier 2009 : Humeur de chien

Humeur de chien.

 

 

Ce titre ne relève pas du tout d’un billet de mauvaise humeur, bien au contraire… d’ailleurs c’est tout notre environnement quotidien qui montre de la «mauvaise humeur» et contre ce pessimisme ambiant résiste une niche de bonheur sans concession : le monde des amis des animaux .

Les amis des animaux sont heureux, il évoluent dans une sphère politiquement positive très en vogue en ce moment  – sauvons la planète et tous ses habitants – un tel engagement ne peut rien produire de mauvais bien sûr.

QUE DU BONHEUR !!!

 

Il y a des amis des animaux très différents : il y a ceux qui abandonnent leur pays, leur famille pour sauver in-situ une espèce très menacée, il y a ceux qui restent chez eux mais qui par nombres d’actions volontaristes réunissent des fonds pour aider les premiers. Il y a des amis des animaux qui adoptent des compagnons très surprenants : serpents, ours, lions … il n’y pas de restrictions. Mais les amis des animaux que nous avons le plus de chance de rencontrer au quotidien sont les amis des chiens.

 

Tous les jours vous pouvez croiser un ami des chiens. Directement ou indirectement. Conscients que le côté indirect de la prise de contact n’était pas la meilleure façon de créer du lien, les amis des chiens font amende honorable et sont de plus en plus nombreux à ramasser les déjections de leurs compagnons. L’accessoire « ramasse-crottes » se popularise et a de plus en plus de « chien » : design tendance,écologique, ludique ou sophistiqué : il y en a pour tous.

 

 

Les stars s’ affichent avec leur compagnons à 4 pattes, et créent la mode. Qui va resister au charme d’un chihahua aussi craquant que celui de Paris Hilton, comment faire pour être aussi chic que Marc Jacobs sans un Bull -terrier ? Il n’est pas question de sortir sans son chien en ce moment. Des projets de boulangeries-pâtisseries sont dans l’air : certainement pour faire des pauses quand on fait les magasins.

 

 

Les amis des chiens sont branchés, en témoignent le nombre de sites consacrés à leurs protégés : tout pour leur confort, leur sauvegarde, leur santé… Les chiens écrivent des blogs.… j’ai cru comprendre qu’il leur suffisait de s’inscrire sur Toutoublog.com pour en créer un. Les chiens d’aujourd’hui doivent tous avoir un appareil numérique sur eux, je ne l’avais pas remarqué… il faut que je les observe mieux.

 

 

 

Les amis des chiens sont très créatifs : un vrai design apparait . Pour partager notre univers avec les animaux on ne se laisse plus envahir par des objets «designement» incorrects qui heurteraient notre sensibilité esthétique : les gamelles et mobiliers suivent maintenant la tendance et s’harmonisent parfaitement avec notre mobilier. On choisit avec tant de soin la race de chien qui nous convient que l’on ne peut négliger son environnement associé.

 

Les amis des chiens soignent leurs animaux comme leurs enfants : au moindre trouble, il consulte un comportementaliste pour chiens, mais férus de psychologie ils savent qu’il faut – avant d’en arriver là -pour créer une atmosphère épanouissante pour leurs compagnons et satisfaire leurs besoins les plus simples. Le jeu est bien sûr privilégié ainsi que les promenades, mais comme beaucoup de chiens souffrent de solitude des films pour eux ont été créés et on leur pourvoie même des sex-toys. Le chien acquiert un véritable statut social et se doit de posséder une garde-robe, des bijoux, du maquillage et du parfum.

 

Tout ceci demande un engagement entier envers son animal et ce n’est pas si facile. On peut aimer les chiens et ne pas vouloir ou ne pas pouvoir y consacrer tant d’énergie. Heureusement, il y a plein de chiens de substitution autour de nous : de la traditionnelle peluche à l’œuvre d’art «chien» en passant par le luminaire et autres objets très surprenants. Tout pour avoir une vie de chien !

 

 

Les amis des chiens sont partout, et même dans les sphères les plus hautes. Le choix d’un chien à la Maison Blanche devient un sujet international. Le lundi 19 janvier 2009, veille du jour de l’investiture de Barack Obama à la présidence des Etats Unis d’Amérique, notre très sérieux quotidien Le Monde publie en page 3 un non moins sérieux article sur le choix crucial de ce compagnon . Lire l’article :

 

Une vie de chien à la Maison Blanche

LE MONDE | 19.01.09 | 14h23

Léa, 7 ans, ne comprend pas. «Obama, c’est un président. A la radio, ils ont dit qu’il mettait beaucoup de temps à trouver un chien sans poils. Pour un président, je trouve ça bizarre…» Pour cette petite Française, le choix du compagnon à quatre pattes que Sasha, 7 ans, et Malia, 10 ans, vont faire entrer prochainement à la Maison Blanche est autrement plus important que la guerre de Gaza, la situation économique mondiale, ou même que la robe que portera Michelle pour l’investiture.

Et ce choix, de l’aveu même du futur occupant du 1600, Pennsylvania Avenue, s’est révélé plus difficile «que de trouver un secrétaire au commerce» – allusion au renoncement de son candidat désigné, Bill Richardson, mis en cause dans une affaire de corruption.

Pure race, croisé ou bâtard, chien d’eau portugais ou labradoodle, quel sera le first pet idéal pour la première famille de la nation, sachant que Malia est allergique aux poils de chien ? Aux Etats-Unis, la question enflamme petits et grands depuis des mois. Elle occupe les colonnes des plus grands journaux, entraîne des prises de bec entre spécialistes de tout poil, suscite sur Internet des votes passionnés. Tapez «Obama’s dog» sur Google, et vous obtiendrez… 56 millions d’entrées ! Un engouement presque incompréhensible de notre côté de l’Atlantique, et plus politique qu’il n’y paraît à première vue.

Le 4 novembre 2008 au soir, face à 65 000 personnes massées dans le Grant Park de Chicago, le vainqueur démocrate adressait à l’Amérique et au monde son premier discours. Avant d’évoquer la crise financière, l’Irak et l’Afghanistan, avant d’appeler de ses voeux la paix et la sécurité, que fit-il ? Il confirme à ses filles, radieuses à ses côtés, le cadeau promis pour avoir enduré les longs mois de la campagne électorale : «Sasha et Malia, je vous aime toutes deux plus que ne pouvez l’imaginer, et vous avez bien gagné le nouveau chiot qui viendra avec nous à la Maison Blanche.» Par ce propos, le premier président noir américain s’inscrivait d’emblée dans la grande tradition de son pays, où le first pet est devenu une institution.

George Washington, premier président des Etats-Unis (1789-1797), avait donné le ton : il possédait de nombreux chiens, et même un âne, cadeau du roi d’Espagne. Aucun cependant ne connut la Maison Blanche (elle n’existait pas encore), et c’est à son successeur, John Adams (1797-1801), qu’il revint d’y amener en 1800 les premiers quadrupèdes.

Après lui, à l’exception notable de Chester A. Arthur (1881-1885), aucun président ne dérogea à la règle. Benjamin Harrison (1889-1893) y convia sa chèvre Old Whiskers, Theodore Roosevelt (1901-1909) une ménagerie : ours, lézard, cochon, blaireau, poule, perroquet, cochon d’Inde, et une multitude de chiens et chats.

William H. Taft (1909-1913) y installa une vache, Pauline, qui lui fournit du lait durant tout son mandat. Fala, le terrier écossais de Franklin D. Roosevelt (1933-1945), reçut plus de courrier qu’un ministre, les deux beagles Him et Her de Lyndon B. Johnson (1963-1969) firent la couverture de Life…

Certains jouèrent même un rôle plus politique. Punshinka, fille de la chienne astronaute Strelka, fut offerte par Nikita Khrouchtchev à John F. Kennedy (1961-1963) en signe de paix après la crise de Cuba. Et lorsque Gerald Ford (1974-1977) laissait entrer et jouer son golden retriever dans le Bureau ovale, ses visiteurs savaient qu’il était temps de se retirer.

Confronté à une telle mythologie, le 44e président des Etats-Unis a-t-il droit à l’erreur ? «Espérons qu’il fera le bon choix et optera pour un chien heureux et en bonne santé, avec une bonne histoire, un bon pedigree, un bon éleveur et une bonne chance», avertit Claire McLean, fondatrice du Presidential Pet Museum. Créé en 1999, le musée expose à Williamsburg (Virginie) l’histoire et les reliques des 400 animaux qui se sont succédé à la Maison Blanche depuis deux siècles.

Sur la page d’accueil de son site, une injonction : «Vote for Obama’s Family Dog.» L’internaute a le choix entre cinq candidats, sélectionnés par l’American Kennel Club, la plus importante fédération canine des Etats-Unis, en tenant compte de la sensibilité de Malia : le caniche, le terrier irlandais à poils doux, le schnauzer nain, le bichon frisé et le chien chinois à crête. Après 42 000 votes, un premier dépouillement fut effectué en octobre 2008 : le caniche arrivait largement en tête.

Pour le peuple américain, pour les démocrates en tout cas (John McCain avait déjà un chien), la quête du first pet commence en effet bien avant l’élection – dès que le sénateur de l’Illinois, au début de sa campagne, annonce son intention d’offrir un chiot à ses filles. Mais dans les jours suivant le 4 novembre, l’affaire prit une tournure plus symbolique.

«Notre préférence serait de prendre un chien abandonné. Mais, à l’évidence, la plupart des chiens recueillis dans des refuges sont des bâtards comme moi», glissa le nouveau président lors de sa première conférence de presse. Un chien qui ne soit pas issu d’une lignée pure à la Maison Blanche, cela s’était déjà vu : Yuki, adoré de son maître Lyndon B. Johnson (1963-1969), avait été trouvé errant près d’une station d’essence du Texas. Mais un animal adopté aux origines incertaines peut-il convenir aux allergies de Malia ? L’Amérique, à nouveau, se divise.

«Un réel message d’espoir et de changement», estime aussitôt The Human Society of the United States, première société de protection animale du pays. Une autre, The Best Friends Animal Society, recueille en quelques jours, sur son site Internet, plus de 50 000 signatures en faveur de l’adoption. A la télévision, à la radio, éleveurs et comportementalistes y vont de leurs conseils. Certains d’entre eux s’y montrent plus réticents, soulignant que le parcours d’un animal adopté ne lui donnait pas forcément les qualités requises pour le rôle : bonne éducation, heureux caractère et sociabilité.

C’est qu’il n’est pas si facile de mener une vie de chien à la Maison Blanche. Les Clinton en savent quelque chose : Buddy s’entendait si mal avec Socks, le chat, qu’il fallut les faire vivre dans deux ailes séparées du bâtiment.

Mais les meilleures choses ont une fin. Le 11 janvier, M. Obama a mis (presque) un terme au suspense, en révélant sur la chaîne ABC que sa famille n’hésitait plus qu’entre un chien d’eau portugais et un labradoodle. «Nous allons commencer à voir dans les refuges si l’un de ces chiens pointe le bout de son nez», précisait-il.

Le chien d’eau, de taille moyenne, aide depuis des siècles les pêcheurs portugais dans leur tâche, repoussant le poisson dans les filets grâce à ses qualités de nageur. Le labradoodle, croisement entre un labrador et un caniche, est né en Australie dans les années 1970 pour servir de guide aux aveugles. Tous deux ont un pelage hypoallergénique. Tous deux ont la réputation d’être sociables, loyaux et dépourvus d’agressivité. Mais l’animal idéal existe-t-il vraiment ?

Sur ce point, Léa a sa petite idée : «Puisqu’il cherche un chien sans poils, il n’a qu’à prendre un chien électronique !»


Catherine Vincent

 

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/01/19/une-vie-de-chien-a-la-maison-blanche_1143601_0.html

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