
Giboulées – Sudden shower – Pouring rain
giboulée : – nom féminin – Grosse averse soudaine, généralement courte, souvent accompagnée de grêle : Les giboulées de mars.  Larousse
La neige a fondu, mais c’est toujours aussi mouillé. Normal, me direz-vous : ce sont les giboulées de mars !
Selon notre région d’origine, notre perception de la pluie varie : en Europe, continent tempéré et pluvieux, la pluie est considérée comme triste et négative  :  « Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville » écrit Paul Verlaine ; la pluie semblant engendrer la mélancolie, la désolation. Dans les pays où règne la sécheresse, la pluie est au contraire considérée comme facteur de joie et de prospérité .
Ce mois-ci sur Facebook, un nouveau groupe « Parapluies» a été créé par l’artiste peintre Sophie Corre , http://sophiecorcorre.blogspot.com/ ; elle qui expose en ce moment à Nantes une série de toiles de linge séchant au vent, en a t’elle eu assez de ce temps maussade qui la prive de modèles ? Une série amusante de photos de situations «avec parapluie» a été publiée dans ce groupe. Amusée, je me suis demandée comment les designers traitaient cet objet si banal, et chemin faisant, je me suis intéressée aussi aux moyens de se protéger le la pluie. Pas tous certes, juste les accessoires de la personne et les tendances dans les défilés pour l’hiver 2009/2010.
Les artistes apprécient aussi les parapluies. La fin du XIX ème alterne parapluies et ombrelles, ces accessoires semblaient très en vogue et surtout se démocratisaient, toute une industrie voyait le jour et permettait à tous d’en acquérir pour un coût raisonnable. lls accompagnent la femme de cette époque et les grands peintres nous ont familiarisés avec ses silhouettes si caractéristiques.

Dans des périodes plus récentes, les parapluies dans l’art sont utilisés plutôt comme manifestes, comme symboles . Le parapluie devient un passeur de messages. Par la peinture comme Francis Bacon, le Land-Art de Christos les mises en scènes théatralisées par Tadeusz Kantor le parapluie se singularise. D’autres les remplacent par des coiffures plus actuelles mais «très-protectrices» en ré-utilisant les sacs plastiques qui nous envahissent : le photographe Henrik Kerstens réussit une œuvre de maître de la peinture flamande version XXI ème siècle. Autre forme d’expression : le collage urbain, cet artiste qui se fait appeler Parapluie ne semble sortir que les jours de pluie.

La pluie et les parapluies ont aussi inspiré le cinéma, la poésie et les chanteurs.

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Les designers non plus ne se lassent pas de proposer de nouveaux parapluies. Il y a plusieurs axes de recherches. Ici, une tendance technologique qui utilise tous les nouveaux procédés accessibles pour mixer d’autres fonctions à celle basique du parapluie : protéger de la pluie. Ainsi, on peut certainement mieux supporter les averses en regardant des vidéos ou en observant les motifs imprimés sur la toile changer de couleurs et de formes. Consulter la météo sur le manche avant de sortir de chez soi, peut nous éviter d’oublier notre parapluie à la maison… Et qui n’a pas rêvé de ne plus avoir un parapluie dégoulinant le long de ses jambes dans le métro ? Le para-parapluie pourra peut-être bientôt nous apporter la solution.

Une tendance conceptuelle se manifeste : comment ranger autrement son parapluie, faire qu’il soit auto-portant ? Comment rappeler l’alliance de l’eau et du parapluie  (H2O )? Comment  le porter différemment, en solo ou en tandem ? Comment l’utiliser comme jeu : pistolet à eau ou cible ? Les questions pleuvent, les réponses aussi…

Tous ces produits débordants de créativité ne doivent pas nous faire oublier le réchauffement de la planète … réchauffement n’étant pas synonyme de sécheresse, les parapluies ont encore de “beaux jours” devant eux. Mais attention, il va falloir faire attention aux parapluies que nous choisissons pour ne pas aggraver le problème. Des millions de parapluies sont vendus chaque année dans le monde, en France il s’en commercialise 10 à 15 millions par an, 33 millions sont vendus aux Etats-Unis et les Japonais, plus importants consommateurs au monde de parapluies (100 millions de pièces vendues par an) possèdent une douzaine de parapluies dans leur garde-robe, chacun étant destiné à une tenue ou à une circonstance particulières: travail, mariage, enterrement. Or la plupart de ces parapluies sont souvent considérés comme des consommables, jetables : souvent bon marché et fragiles ils rejoignent après peu d’usage la poubelle : aucune filière de récupération et de recyclage n’existe… Il ne reste qu’un réparateur de parapluie à Paris, et il ne soigne que les parapluies haut-de-gamme. La qualité est déjà une réponse à la sauvegarde de notre planète. Ils sont si beaux et si élégants que l’on prendra soin d’eux longtemps.Â

Le prix de ces merveilles limite considérablement l’accès à des produits durables, il faut donc créer des parapluies plus écologiques et de moindre coût. des designers se penchent sur le sujet et de nombreuses propositions commencent à se commercialiser. Non seulement ces parapluies utilisent des matériaux naturels et biodégradables, mais ils savent aussi ré-utiliser l’eau qui tombe du ciel, ce cadeau à ne pas gaspiller. Le parapluie écologique est l’avenir.Â

Outre les parapluies, il est d’autres accessoires que nous affectionnons pour nous protéger de la pluie : les bottes et les imperméables . la mode et ses défilés ne les oublie jamais. Là aussi, des tendances très diverses, voire opposées. Tout d’abord la tendance ” Chantons sous la pluie” gaie et festive. Sans négliger que notre accessoire préféré, le chien, reste lui aussi à accessoriser .

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La deuxième tendance est à l’image de la morosité provoquée par la crise. Brrr, sinistre. Je ne sais pas si en suivant ce look ” Inspecteur Derrick” on va se sentir mieux… j’en doute et je vais certainement encore préférer un parapluie à un imperméable.


